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Ronéo d’HIDAOA du 23/10/01

BETOUS Dorothée

LAMOURAUX Cécile

 

Rappel : N’est ajouté par écrit que ce qui ne figure pas dans le poly.

 

 

II. Etude des facteurs écologiques

 

         2. Facteurs intrinsèques

                   e. Potentiel d’oxydo-réduction

                              Ce potentiel régule le métabolisme énergétique des bactéries, et dépend de 2 facteurs : la pression partielle en oxygène (élevée en surface et faible en profondeur de l’aliment), et les couples d’oxydo-réduction présents dans l’aliment.

                             On peut modifier le potentiel rédox pour favoriser ou inhiber la croissance des germes par modification de la pression partielle en oxygène. Pour cela, on fait appel aux atmosphères modifiées.

 

                   f. Substances antimicrobiennes

                             Elles ont 2 origines possibles : * endogène : Substances présentes du vivant de l’animal ou du végétal (ex : lysosyme dans le blanc d’œuf, phytoalexine,…)

                                                                               * exogène : substances antimicrobiennes rajoutées dans l’aliment par l’industriel (ex : les conservateurs)

                             Pour les différents mode d’action, voir le poly.

 

         3. Facteurs technologiques

                   a. La chaleur

                             La cuisson, le blanchiment, et l’étuvage se réalisent à faible température, et ne sont pas reproductibles. Les différentes industries n’obtiennent donc pas les mêmes résultats pour un même produit.

                             La pasteurisation permet la destruction de tous les germes pathogènes qui sont sous forme végétative dans l’aliment (ex : Salmonelles, Listeria,…). La pasteurisation des aliments est réalisée jusqu’à la réduction de 12 décimales de Enterococcus faecalis. Une seule exception : le lait, qui doit être chauffé 15 secondes à 72°C ; la référence étant la destruction de mycobacterium tuberculosis.

                             L’appertisation (=stérilisation) permet la destruction des toxines et des germes sporulés. L’appertisation des aliments est réalisée jusqu’à la réduction de 12 décimales de Clostridium botulinum.

 

                   b. Les radiations électromagnétiques

                             On différencie 2 types de radiations : * celles dont la longueur d’onde est supérieure au visible ont uniquement un effet thermique.

                                                                                         * celles dont la longueur d’onde est inférieur au visible : UV et radiations ionisantes dont les plus actives sont les gamma.

                             Les UV, qui sont de faible énergie, permettent la stérilisation de l’environnement, de l’atmosphère, et des surfaces. Elles ne pénètrent donc pas dans les structures.

                             Les radiations ionisantes ont une énergie plus importante et pénètrent dans l’aliment. Exemple des radiations gamma, produites par le cobalt 60, et qui traversent 20 cm d’aliment. Ces radiations sont surtout utilisées pour les épices qui sont souvent contaminés par les spores et dont le traitement thermique est difficile ; ou pour les viandes séparées mécaniquement.

                             Même si ces traitements sont effectués sur certains aliments, les industriels ne le marque pas sur les emballages par peur d’effrayer les consommateurs.

 

                   c. Autres

                             La pression hydrostatique est effectuée à forte pression sur des aliments contenus dans des emballages souples. L’avantage de cette technique est la préservation des qualités organoleptiques.

 

Attention, ces traitements technologiques entraînent une meilleure résistance (par ordre décroissant) des virus, des bactéries sporulées, des champignons, des gram + , et des gram -.

      

         4. Facteurs extrinsèques

                   a. La température

                             Il existe une température optimale de croissance, à laquelle les bactéries se multiplient de façon idéale. Cependant, les températures de l’environnement, comme des aliments, varient continuellement. Si la température est basse, on observe une perte de fluidité des membranes des microorganismes, ce qui entraîne un arrêt des échanges avec le milieu extérieur et un arrêt de croissance, sans mort du microorganisme ; on obtient alors la température minimale de croissance. Si la température est haute, on observe une perte de stabilité des protéines du microorganisme, sans mort de celui-ci ; on obtient alors la température maximale de croissance.

                             On distingue plusieurs types de bactéries : * psychrophiles, qui aiment les températures basses.

                                                                                                 * mésophiles, qui aiment les températures moyennes. On différencie les mésophyles saprophytes (= de l’environnement) qui poussent entre 25 et 35°C, et les mésophyles pathogènes qui poussent entre 35 et 45°C (préférentiellement à 37°C)

                             Exemples : Escherichia coli, Salmonelles, Staphylococcus aureus                                       

                                                                                                 * thermophiles, qui aiment les températures élevées (en général, leur température de croissance est supérieure à 60°C).

                                                                                                 * psychrotrophes, qui ont une capacité de croître à 0°C, malgré une température de croissance optimale de 25-30°C (exemple : Listeria, levures, moisissures).

                             Exemples : Yersinia enterocolitica croît à 2-4°C et à 37°C

                                                Listeria monocytogenes croît à 1°C et à 45°C

 

                             Il existe 2 méthodes de lutte vis-à-vis de ces microorganismes :

                                     - la réfrigération entre 0 et 5 °C qui stoppe la croissance des mésophiles et des thermophiles. Mais elle n’est pas fiable.

                                     - la congélation à une température inférieure à 0°C ; la température réglementaire étant de – 18°C. A cette température, les microorganismes ne sont pas détruits, mais leur croissance est inhibée. Les gram + sont plus sensibles à la cryodestruction que les gram -. Les produits congelés, décongelés, recongelés,… ne permettent pas le développement des microrganismes, mais ont une structure modifiée, avec surtout une variation de la quantité d’eau en surface, et donc une variation de l’équilibre de la flore. Les pathogènes se développent donc plus vite.

   

                   b. Atmosphère modifiée : environnement gazeux

                             La modification des proportions des gaz de l’air est nécessaire pour inhiber la croissance des germes, mais elle ne doit pas altérer les qualités technologiques. Par exemple, pour les bactéries aérobies strictes, la logique voudrait que l’atmosphère soit appauvrie en oxygène. Or, pour les viandes rouges, ceci est impossible car l’oxygène est nécessaire pour garder la myoglobine sous forme oxydée et donc préserver la couleur rouge de la viande, ce qui est plus appétissant pour le consommateur. On augmente donc le pourcentage de dioxyde de carbone.

                             L’oxygène et l’azote ont un intérêt technologique, et le dioxyde de carbone a plutôt une action microbienne.

                             Remarque : l’azote n’est pas soluble dans l’eau, il est donc utilisé pour éviter le collapsus des sachets.

 

                             Une autre méthode est la conservation sous-vide : élimination de tout l’oxygène ; l’oxygène résiduel étant consommé rapidement. Cette méthode correspond au schéma de l’atmosphère enrichit en dioxyde de carbone.

 

         5. Facteurs microbiens (= implicites)

                   Ces facteurs correspondent aux interactions entre les microorganismes suivant différentes possibilités : * le neutralisme

* la coopération (croissance favorisée des 2 bactéries en présence)

* le commensalisme (meilleur développement de A sous l’influence de B)

* la compétition (croissance défavorisée des 2 bactéries)

* l’amensalisme (B inhibe A sans tirer de profit)

* le parasitisme

                   Les interactions entre les microorganismes se font par l’intermédiaire de l’environnement.

                   

                   Exemples : * la coopération : c’est le cas du yaourt qui peut être réalisé à partir de 2 ferments lactiques. Streptococcus thermophilus produit alors des facteurs de croissance favorables à Lactobacillus bulgaricus, et vice-versa. Le mélange des 2 ferments permet donc une production plus rapide des yaourts.

                                      * l’antagonisme (=compétition) : les microorganismes ont besoin d’un même substrat pour croître. C’est donc le microorganisme le plus rapide au niveau de son métabolisme qui survit. On a ainsi : bactéries > levures > moisissures. En effet, les bactéries sont des procaryotes et se multiplient avec un métabolisme actif. Par contre, les levures et les moisissures sont toutes les deux des eucaryotes, mais les levures sont sphériques et présentent donc une meilleure capacité d’échange avec l’extérieur.

                                       * L’amensalisme : Les bactériocines sont intéressantes car elles sont produites naturellement, et certaines ont un spectre large. Cependant, les souches bactériocinogènes naturelles ne sont pas utilisées par les industriels pour protéger leurs produits, car elles ne permettent pas une production assez rapide. Pour cela, il faudrait les transformer par génie génétique, ce qui est interdit en France.

 

         6. Effets combinés

                   Hurdles Concept : on pourrait penser que tous ces facteurs interfèrent et s’additionnent, mais en fait, il existe une synergie entre eux.

                   Tableaux 19.1 : l’activité de l’eau et le chauffage ont une action antagoniste, ce qui entraîne une plus grande résistance des germes. Donc, quand ils sont présents dans un même aliment, il est nécessaire de chauffer plus pour obtenir un degré de sécurité suffisant.

                   Les facteurs antagonistes ont donc une action moins efficaces lorsqu’ils sont présents dans un même aliment.

 

III. Exemples d’application

 

           La vinification : les levures se développent en premier car elles sont osmophiles et acidophiles ; or  le milieu est riche en sucre et possède un pH bas. Elles présentent d’abord une phase de croissance avec l’utilisation du sucre présent dans le milieu, puis une phase stationnaire, et enfin une phase de décroissance avec libération des ferments lactiques utilisés par les bactéries.

Remarque : Si le pH du produit d’origine est élevé, alors ce sont les bactéries qui se développent en premier. On obtient alors du vinaigre.

 

         Les fromages : le caillé est fabriqué par l’action de la présure et des ferments lactiques. Penicillium est ensemencé en surface du produit après que celui-ci ait été salé ; le salage favorisant le développement des moisissures. Puis Penicillium utilise le sel, ce qui entraîne une augmentation du pH et de l’activité de l’eau en surface du produit, et donc la croissance des bactéries responsables des arômes du fromage.

 

         Anecdote : En 1990 en Grande-Bretagne, un yaourt aux noisettes provoqua une épidémie de botulisme. Ceci était du au remplacement du sucre normal par un édulcorant, ce qui modifia l’activité de l’eau du produit, et donc la croissance des bactéries.

 

 

 

 

 



Microbiologie prévisionnelle :

 

Ce chapitre a été traité rapidement sans plus d’explication !!

 

I-                   Définition :

On cherche à savoir quelle est la vitesse de développement des microorganismes et ainsi déterminer une Date Limite de Consommation (DLC).

 

Exemple avec du jambon de pH = 6.5   aw = 0.98 et conservé entre 0 et 4°.

Y a-t-il des risques de salmonelles sur ce jambon (les critères de développement des salmonelles : pHmini= 5 à 5.5  aw=0.93  t° mini. de conservation=7°) ?

Donc ici ; il n’y a pas de risque de salmonelles sur le jambon .

Risques de listeria ( pHmini=5   aw=0.92 et une t°de conservation =0°) ?

Il y a des risques de développement de listeria sur ce jambon. Mais nous n’avons pas de moyen de lutte contre ce développement d’où l’intérêt de déterminer une DLC.

Cette DLC est fixée à partir de tests en fonction de seuil d’infection et de dénombrement  d’où la microbiologie prévisionnelle.

L’idéal est un modèle mathématique prévoyant le développement d’un microorganisme en fonction de aw, pH,t°

Exemple dans le poly avec l’écogramme de Cl.botulinum en fonction de 3 facteurs.

Ces écogrammes sont cependant limités à 3 facteurs et sont semi-quantitatifs. 

 

II-                Modélisation de la destruction et de la croissance des microorganismes :

1- Modèle de destruction :

D=temps de chauffage pour obtenir une réduction décimale.

N= la concentration

                                      Log N(t) = log No- (t /D)

 

 

 

 

Si D60° = 2mn ; on obtient une destruction de 3 décimales.

Si on chauffe plus fort : 65° ; on diminue le temps de réduction décimale.

 

 

 

 

 

Z = augmentation de température permettant de diviser D par 10.

Si Z = 5 : D65° = 0.2mn

 

                                    DT’ = DT.10

Exemple du Cl.botulinum : on chauffe 3 mn à 121°.

D 121° = 0.25 : on obtient une réduction de 12 décimales.

A l’inverse, si on chauffe à 100°, il faut cuire 5 heures : D100°= 25min donc t = 12  25 = 300min. soit 5 heures.

 

2- Modèle de croissance : poly

Modèle primaire :

On détermine le temps de croissance (G) pendant la phase exponentielle de croissance, et le temps de latence (ou de génération= λ) pendant la phase de latence .

Modèle secondaire : Les modèles intéressants sont :

-         le modèle « racine carrée » prenant en compte la t°, pH, aw.

-         les modèles cardinaux prenant en compte uniquement le facteur t° (optimale, minimale, maximale).

 

III-             Utilisation :

Prédiction de la durée de vie des aliments, mais les logiciels utilisés ne sont pas vraiment fiables car ils surestiment la multiplication bactérienne et donc la DLC est faussée.